Humour

Les années Hara Kiri, une nouvelle forme d’expression

Crée par le professeur Choron et Cavanna

Œuvre de François Cavanna et du professeur Choron, la revue satirique Hari Kiri voit le jour en 1960. A travers elle, les deux humoristes français ont réussi en plus de vingt ans à transformer la liberté d’expression pour dénoncer de façon cynique et provocante une société trop conformiste, traditionnelle et vieillissante.

Hara Kiri, une innovation dans la presse écrite

Hara Kiri est un magazine satirique français. Il a été créé en septembre 1960 par François Cavanna, un dessinateur humoriste, et Georges Bernier plus connu sous le nom de professeur Choron, également humoriste. Au départ, cette revue est mensuelle et elle est vendue dans la rue par des colporteurs avant d’être en vente dans les kiosques à la fin de l’année 1960. A prix modeste, la revue a connu un succès réel et rapide. Elle sera éditée jusqu’en décembre 1985. A tendance particulièrement cynique, le magazine adopta en sous titre « Hara Kiri, journal bête et méchant ». En février 1969, une version hebdomadaire vient compléter le mensuel, avec Hara Kiri Hebdo, dont le nom changea au mois de mai suivant avec l’Hebdo Hara Kiri. Le mensuel sera interdit deux fois, en 1961 puis en 1966. La version hebdomadaire sera elle interdite par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Raymond Marcellin, en novembre 1970 suite à son titre très provoquant : « Bal tragique à Colombey : 1 mort ». Titre qui fait référence à la mort du général de Gaulle. Pour contourner cette interdiction, l’équipe décida alors de sortir un nouveau journal sous un autre titre à savoir Charlie hebdo. La revue hebdomadaire continuera à être publiée sous ce nom.

Une ligne éditoriale anticonformiste

La particularité de cette revue est qu’elle ouvre ses colonnes à des auteurs et des dessinateurs de l’époque considérés comme non-conformistes. A travers elles, l’humour noir, le cynisme ou encore la dérision poussés jusqu’à l’extrême, sont relayés, chose à l’époque qui n’est pas faite dans d’autres publications beaucoup plus conformistes. C’est d’ailleurs tout ce qui fait son succès et sa gloire, sans oublier son côté innovant et osé totalement en décalage avec la morale bien pensante très répandue des années 60. L’esprit et le contenu ont contribué à changer le visage du dessin de presse et de la presse écrite en général. L’équipe créatrice a voulu et réussi à ancrer de la modernité dans une société traditionnelle et vieillissante. Avec une ligne éditoriale rejetant la société capitaliste et conformiste, basée sur le profit et la consommation, la revue a fait émerger à travers la presse écrite, une vision nouvelle de la démocratie et de la liberté d’expression et de pensée.
Image: tuja66 – Fotolia.com

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