La BD belge

La BD a toujours eu une grande importance en Belgique où elle est considérée comme un art à part entière. Les éditions Dupuis et Casterman incarnent en partie cet âge d’or de la BD belge dans sa forme la plus classique. À présent, les nouveaux auteurs belges n’hésitent pas à faire table rase du passé et à proposer leur propre vision de la BD, faisant de cet art un art vivant.
Les débuts
À partir de quelle époque peut-on réellement commencer à parler de BD ? Généralement, les spécialistes en la matière considèrent que la BD belge est née avec Hergé et son célèbre Tintin. Or elle était déjà pratiquée par une poignée d’individus et ce, bien avant que Tintin ne vienne à la rencontre des premiers lecteurs. En effet, même s’il n’était pas clairement question de bande dessinée au XIXe siècle, de nombreuses œuvres véhiculaient déjà des codes que l’on retrouve encore dans la BD actuelle même si, à l’époque, on parle plutôt d’illustrations et de gravures. Ces créations, souvent très courtes et muettes, se retrouvent alors très souvent dans les journaux où leur dimension satirique est appréciée par les lecteurs. À la fin du XIXe siècle, une nouvelle BD apparait. Colorée, plus luxueuse, soignée, codifiée, elle s’adresse en grande partie aux enfants.
L’âge d’or de la BD belge
C’est en 1929, avec le Tintin d’Hergé que la BD belge a réellement pris son envol. C’est le début d’une longue série d’aventures pour le célèbre reporter. Le héros a une place de choix au cœur de la BD du XXe siècle et devient prétexte à une série de volumes le mettant en scène dans différentes circonstances. Dans la même veine, Spirou fait son apparition en 1938. En 1949, Achille et Boule de gomme et en 1957, Gaston Lagaffe ne sont que quelques exemples des œuvres emblématiques qui virent le jour entre les années vingt et les années quatre-vingt. En parralèle, et même si elle est moins connue du côté de nos frontières, la BD belge flamande est devenue extrêmement populaire auprès des jeunes, comme des moins jeunes, malgré un territoire relativement réduit.
La nouvelle génération
Aujourd’hui, la nouvelle génération a décidé de prendre ses distances avec cette BD belge emblématique. S’ils ne sont pas reniés pour autant, Hergé, Franquin et Morris sont relégués aux oubliettes et ne peuvent en aucun cas servir de modèle ou d’inspiration. C’est au tout début des années quatre-vingt dix que cette nouvelle BD a fait son apparition, mettant en scène une floppée de nouveaux dessinateurs qui désiraient s’exprimer de manière indépendante. La bande dessinée, plus qu’un outil commercial, devenait alors un moyen d’expression et de création pure. Les dessinateurs contemporains ont toujours le même désir, celui de raconter une histoire, l’idée étant de la raconter autrement. Bousculer les codes, c’est jouer avec les règles de la narration, qui peut être destructurée, sans texte et sans héros principal. C’est également utiliser un nouveau type de matériel, comme délaisser le crayon traditionnel pour dessiner au stylo bille. C’est aussi fait disparaître les fameuses cases et s’approprier autrement l’espace de travail.
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